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		<title>Ricochets/ Ann&#233;e 2/ Semaine 6</title>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Solange Vissac</dc:creator>


		<dc:subject>Anne Savelli</dc:subject>
		<dc:subject>Virginia Woolf</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;1/ Un homme &#233;rudit parle dans une assembl&#233;e, qui l'&#233;coute avec attention. Il emploie un mot, qu'il redira &#224; deux reprises dans son propos, un mot dont je ne savais pas l'usage. Je chercherai dans le Littr&#233;, il n'y est pas, mais on le trouve sur des dictionnaires en ligne. Je trouverai m&#234;me des citations fictives o&#249; il est employ&#233;, g&#233;n&#233;r&#233;es par l'Intelligence Artificielle. Je vais pouvoir intuiter &#224; mon tour. &lt;br class='autobr' /&gt;
2/ Les doigts serr&#233;s qui, sur un stylo quatre couleurs &#224; la teinte bleue (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.jardindombres.fr/annee-2" rel="directory"&gt;Ann&#233;e 2&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.jardindombres.fr/anne-savelli" rel="tag"&gt;Anne Savelli&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.jardindombres.fr/virginia-woolf" rel="tag"&gt;Virginia Woolf&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.jardindombres.fr/IMG/logo/46.jpg?1775232160' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='119' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1/ Un homme &#233;rudit parle dans une assembl&#233;e, qui l'&#233;coute avec attention. Il emploie un mot, qu'il redira &#224; deux reprises dans son propos, un mot dont je ne savais pas l'usage. Je chercherai dans le Littr&#233;, il n'y est pas, mais on le trouve sur des dictionnaires en ligne. Je trouverai m&#234;me des citations fictives o&#249; il est employ&#233;, g&#233;n&#233;r&#233;es par l'Intelligence Artificielle. Je vais pouvoir intuiter &#224; mon tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2/ Les doigts serr&#233;s qui, sur un stylo quatre couleurs &#224; la teinte bleue enclench&#233;e, qui sur un crayon bleu oc&#233;an un jour de grande lumi&#232;re, qui sur un stylo &#224; capuchon d'un rouge r&#233;volutionnaire, elles ajoutent des mots aux mots vers leur univers d'&#233;criture , alors que, par la grande baie vitr&#233;e les collines &#224; l'horizon tentent de se hausser par-dessus la liti&#232;re de brouillard, dans une lente lutte al&#233;atoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3/ Immerg&#233;e dans &lt;i&gt;le Journal&lt;/i&gt; de Virginia Woolf de bon matin et s'apercevoir que la matin&#233;e est presque achev&#233;e, que l'on vient de vivre dans le Londres de la fin de 1918, qu'un armistice vient d'&#234;tre sign&#233;, que l'on a not&#233; quelques bribes de mots sur un cahier d&#233;volu &#224; cela, et relisant les notes souligner celle que l'on gardera du jour : &lt;i&gt;quelque part en elle subsiste quelque chose de l'enfant.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4/ Ces notes gliss&#233;es ici depuis plus d'un an comme une marche &#224; l'aveuglette, cahotant entre les lectures et les pens&#233;es qui s'insinuent, ne sont qu'une mani&#232;re de s'extirper des brouillards de l'hiver o&#249; la crainte de rester enserr&#233;e est si forte que s'obliger &#224; poser ces lignes chaque matin est une t&#226;che n&#233;cessaire comme de chasser les poussi&#232;res d&#233;pos&#233;es sur les meubles et d'ancrer ainsi quelque lumi&#232;re dans la grisaille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5/ &#192; c&#244;t&#233; des paroles qui se disent, se contredisent, se superposent, se recouvrent, s'an&#233;antissent, on ne sauvegarde plus rien. Ce qui est dit s'amasse sur ce qui a &#233;t&#233; dit sur ce qui a &#233;t&#233; dit et tout se compacte, ne laissant qu'une bouillie de mots dont on n'&#233;coute plus rien, qui &#244;te toute vell&#233;it&#233; de r&#233;volte. Seuls les po&#232;mes longtemps apr&#232;s se font viatiques pour les jours &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6/ Une pluie blanche comme des &#233;motions en all&#233;es et venues se glissant sous le rai d'une porte, ou entre les deux battants d'un volet en bois disjoint, comme celui de l'enfance. C'est toujours l&#224; que l'on se retrouve sans m&#234;me l'avoir convoqu&#233;. Je me revois face &#224; cette fen&#234;tre du troisi&#232;me &#233;tage, fixant le nuage de poussi&#232;res qui semblait stagner entre des mondes, soleil dissous, r&#233;v&#233;lant comme une pr&#233;sence magn&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7/ Je parcours des sites internet qui me plaisent, je survole, je lis, et soudain je m'arr&#234;te sur une phrase isol&#233;e sur une ligne &lt;i&gt;J'aime la porte rouge qui conduit au dojo&lt;/i&gt;*. Pourquoi cette phrase, si ce n'est que son rythme me saisit, c'est un alexandrin bien s&#251;r, c'est la po&#233;sie qui a irrigu&#233; mon enfance. Et l&#224;, dans l'instant, je me plongerais avec plaisir dans des po&#232;mes de Victor Hugo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Anne Savelli dans Le semainier&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Bruits</title>
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		<dc:date>2026-03-14T08:06:27Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Solange Vissac</dc:creator>


		<dc:subject>Anne Savelli</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;[06:00] &#199;a commence. &#199;a recommence. C'est un mur qui s'effondre, le fusil sur ta tempe, c'est un trou dans ta t&#234;te, fillette, le c&#339;ur, le corps dress&#233; et tu ouvres la bouche mains &#224; plat sur le lit et vite sur les oreilles mais il n'y a rien &#224; faire, fillette, c'est quoi, c'est quoi encore et &#231;a fait quel bruit ? Ce n'est m&#234;me pas que &#231;a frappe, &#231;a fait ? Quoi ? C'est le c&#339;ur trop fort, arr&#234;t&#233; pour de bon, mais non, tu n'es pas morte, alors &#231;a sort d'o&#249; ? C'est ici. &#192; c&#244;t&#233;. C'est le mur qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.jardindombres.fr/lectures" rel="directory"&gt;Lectures&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.jardindombres.fr/anne-savelli" rel="tag"&gt;Anne Savelli&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.jardindombres.fr/IMG/logo/9782330215484.jpg?1773475652' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='110' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;[06:00] [palier] &#199;a commence. &#199;a recommence. C'est un mur qui s'effondre, le fusil sur ta tempe, c'est un trou dans ta t&#234;te, fillette, le c&#339;ur, le corps dress&#233; et tu ouvres la bouche mains &#224; plat sur le lit et vite sur les oreilles mais il n'y a rien &#224; faire, fillette, c'est quoi, c'est quoi encore et &#231;a fait quel bruit ? Ce n'est m&#234;me pas que &#231;a frappe, &#231;a fait ? Quoi ? C'est le c&#339;ur trop fort, arr&#234;t&#233; pour de bon, mais non, tu n'es pas morte, alors &#231;a sort d'o&#249; ? C'est ici. &#192; c&#244;t&#233;. C'est le mur qui s'effondre, un troupeau d'&#233;l&#233;phants, de buffles, c'est l'arm&#233;e, &#231;a te traverse la t&#234;te, s'infiltre dans le trou, dans ce trou de la t&#234;te que le bruit a creus&#233;, &#231;a vibre et tu l'entends, c'est un bruit dans une br&#232;che, une br&#232;che, quelle br&#232;che ? C'est un choc vertical, une masse contre un mur. Un mur ? Non c'est plut&#244;t le palier, c'est des coups r&#233;p&#233;t&#233;s, &#231;a cogne &#224; la surface, &#231;a d&#233;truit et &#231;a fend la porte de la chambre, la porte de l'entr&#233;e. &#199;a se propage partout, c'est pass&#233; sous la peau dans le conduit de l'oreille, c'est ta chambre qu'on ouvre et c'est ton corps qu'on prend, qu'on arrache, qu'on entra&#238;ne. Non. C'est la porte d'en face, s&#233;par&#233;e de la tienne par ces m&#232;tres de palier. Oui, voil&#224;, on y est. Il y a des mots maintenant et tu peux les entendre et tu peux les comprendre, es assez &#233;veill&#233;e. Fillette sur le lit les mains pos&#233;es &#224; plat, tu entends que &#231;a parle et se d&#233;tache, il y a une voix humaine POLICE OUVREZ. Voil&#224;, tu as compris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne Savelli &#034;Bruits&#034; (&#201;ditions Inculte/Actes Sud 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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