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		<title>Vertiges</title>
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		<dc:date>2026-02-14T09:34:21Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Solange Vissac</dc:creator>


		<dc:subject>W.G. Sebald</dc:subject>

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&lt;p&gt;Lorsqu'apr&#232;s m'&#234;tre fait raser de pr&#232;s par le barbier de la gare je sortis sur le parvis de Santa Lucia, l'humidit&#233; de ce matin d'automne &#233;tait encore en suspension entre les maisons et sur le Grand Canal. Les p&#233;niches passaient, lourdement charg&#233;es, la ligne de flottaison &#224; fleur d'eau. Bruissantes elles surgissaient des brumes, labouraient les flots glauques et disparaissaient dans les volutes blanches de l'air. Les timoniers se tenaient raides et immobiles &#224; l'arri&#232;re. La main sur le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lorsqu'apr&#232;s m'&#234;tre fait raser de pr&#232;s par le barbier de la gare je sortis sur le parvis de Santa Lucia, l'humidit&#233; de ce matin d'automne &#233;tait encore en suspension entre les maisons et sur le Grand Canal. Les p&#233;niches passaient, lourdement charg&#233;es, la ligne de flottaison &#224; fleur d'eau. Bruissantes elles surgissaient des brumes, labouraient les flots glauques et disparaissaient dans les volutes blanches de l'air. Les timoniers se tenaient raides et immobiles &#224; l'arri&#232;re. La main sur le gouvernail, ils regardaient fixement devant eux, comme autant de symboles de droiture, pensai-je ; et longtemps &#233;mu par la signification que j'avais attribu&#233;e aux mariniers, je repris mon chemin. Je quittai la Fondamenta et revins &#224; l'esplanade, puis montai le rio Terra Lista di Spagna pour traverser le canale di Cannaregio. Celui qui p&#233;n&#232;tre &#224; l'int&#233;rieur de cette ville ne sait pas ce qu'il va voir l'instant suivant ni de qui il va &#234;tre vu. &#192; peine quelqu'un est-il entr&#233; en sc&#232;ne qu'il est d&#233;j&#224; sorti par une autre issue. Ces courtes apparitions sont d'une th&#233;&#226;tralit&#233; quasi obsc&#232;ne et ont en m&#234;me temps quelque chose d'une conspiration dans laquelle on est impliqu&#233; sans le savoir, sans le vouloir. Si l'on marche derri&#232;re quelqu'un dans une ruelle o&#249; il n'y a personne d'autre, il suffit d'acc&#233;l&#233;rer un peu le pas pour inspirer une peur panique &#224; celui que l'on poursuit. &#192; l'inverse, on devient vite soi-m&#234;me le poursuivi. Trouble et terreur alternent. C'est donc avec un certain soulagement qu'apr&#232;s avoir march&#233; une heure durant entre les hautes maisons du ghetto, j'aper&#231;us de nouveau, parvenu &#224; San Marcuola, le Grand Canal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;W.G. Sebald, &lt;i&gt;Vertiges&lt;/i&gt; (Actes sud), traduction de Patrick Charbonneau&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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