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		<title>Vertiges et engrenages</title>
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		<dc:creator>Solange Vissac</dc:creator>



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		<title>C'&#233;tait le temps</title>
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		<dc:subject>Atelier d'&#233;criture Fran&#231;ois Bon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Texte &#233;crit lors d'un atelier d'&#233;criture anim&#233; par Fran&#231;ois Bon en novembre 2023. Le texte servant d'impulsion &#233;tait de Michel Butor. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait le temps des dimanches d'hiver avec le bruit des objets qui se posaient sur la table o&#249; le petit d&#233;jeuner allait prendre son temps, serr&#233;s que nous &#233;tions pr&#232;s du fourneau pour prendre un peu de la chaleur n&#233;cessaire au jour qui s'annon&#231;ait, dont, nous les enfants, ne savions encore rien,avec nos espoirs mais nous n'avions pas vraiment notre mot &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.jardindombres.fr/divers" rel="directory"&gt;Divers et Vari&#233;s&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.jardindombres.fr/atelier-d-ecriture-francois-bon" rel="tag"&gt;Atelier d'&#233;criture Fran&#231;ois Bon&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Texte &#233;crit lors d'un atelier d'&#233;criture anim&#233; par Fran&#231;ois Bon en novembre 2023. Le texte servant d'impulsion &#233;tait de Michel Butor.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait le temps des dimanches d'hiver avec le bruit des objets qui se posaient sur la table o&#249; le petit d&#233;jeuner allait prendre son temps, serr&#233;s que nous &#233;tions pr&#232;s du fourneau pour prendre un peu de la chaleur n&#233;cessaire au jour qui s'annon&#231;ait, dont, nous les enfants, ne savions encore rien,avec nos espoirs mais nous n'avions pas vraiment notre mot &#224; dire, alors on scrutait dans les voix le ton le timbre pour tenter de deviner de quoi serait fait ce jour, de quelles imperfections ou frustrations, il allait se v&#234;tir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait le temps des dimanches o&#249;, la messe ayant &#233;t&#233; saut&#233;e (oubli&#233;e, remis&#233;e &#224; plus tard), mes pas prenaient celui du p&#232;re, la main dans sa main, et nous allions au march&#233; aux puces ou voir les b&#234;tes comme il disait, quelques chiens, poules ou lapins expos&#233;s sur une grande place (en fait des chiens je ne suis plus tr&#232;s s&#251;re) et qu'on les regardait comme si nous &#233;tions dans un mus&#233;e (mais je n'&#233;tais jamais all&#233;e dans un mus&#233;e) et puis il y avait aussi des marchands de pacotille et l'on avait parfois la chance de revenir avec une pacotille, un rien dont on &#233;tait fier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait le temps des bouch&#233;es &#224; la reine achet&#233;es chez le traiteur de la Grand-rue, le meilleur parce que c'&#233;tait dimanche, et que quand m&#234;me, il fallait bien marquer le coup, enfin signifier d'une mani&#232;re honorable que ce n'&#233;tait pas lundi ni m&#234;me samedi, et que, m&#234;me si on ne recevait jamais personne, on mangerait un repas du dimanche avec des bouch&#233;es &#224; la reine et un poulet, et peut-&#234;tre m&#234;me si maman le voulait bien, on aurait aussi de la tarte aux pommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait le temps des marches interminables sur le Cours Fauriel pour rejoindre le Rond-point, o&#249; l'on pouvait courir parce que les all&#233;es pi&#233;tonnes &#233;taient larges, o&#249; se croisaient les familles qui avaient le m&#234;me dimanche que nous, ces dimanches d'hiver citadins sans lumi&#232;re, sans f&#233;&#233;rie, mais il fallait bien que l'on se d&#233;rouille les jambes, nous les enfants, alors on marchait vers un but que l'on ne souhaitait pas forc&#233;ment atteindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait le temps des visites familiales de fin d'apr&#232;s-midi, o&#249; l'on &#233;coutait les parents parler avec des plus anciens qui nous gavaient de petits beurres ou de chocolat et l'on attendait que cela passe comme les autres heures du dimanche o&#249; l'on serait bien rest&#233; dedans &#224; finir le livre qui nous int&#233;ressait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'&#233;tait le temps des s&#233;ances de cin&#233;ma, rares mais qui pouvaient survenir, alors que l'on n'y pensait m&#234;me pas et qui faisaient s'&#233;lever la lourdeur de ces dimanches, et qui donneraient une couleur dor&#233;e &#224; ce jour, que l'on pourrait &#233;voquer le lendemain dans la cour de r&#233;cr&#233;ation, avec un petit regard de vantardise, car enfin on aurait fait quelque chose de ce dimanche, on l'aurait rev&#234;tu d'un peu d'inattendu, de r&#234;ve, une belle nappe du dimanche en quelque sorte, o&#249; l'on pourrait parler de Michel Strogoff devant les yeux envieux de nos camarades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait le temps d'une enfance, que l'on ne finit pas d'interroger, en fourrageant dans le cornet de marrons chauds achet&#233; sur la place du peuple, les doigts noircis par le charbon de bois et par la nuit o&#249; tout a disparu sans que l'on ne sache plus ni quand, ni o&#249; tout cela a eu lieu, et m&#234;me si cela a vraiment eu lieu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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