Être à sa place

mercredi 6 mai 2026, par Solange Vissac

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Par où passer ? Comment se frayer un chemin ? En s’appropriant des endroits où l’on peut être autrement, plus adéquatement sans doute ; en arpentant de nouveaux espaces et en les faisant siens. Ce qui implique parfois aussi d’y pénétrer par effraction. Non pas au sens où il faudrait forcer l’entrée, mais au sens où il faut réussir à quitter le lieu dans lequel nous sommes pris, ensablés, enfermés. Quitter est sans doute aussi difficile qu’oser entrer. [...]
Mais cette translation d’un point à un autre est aussi une effraction. Il ne s’agit pas seulement de partir, mais de briser quelque chose qui nous encercle, il ne s’agit pas de fuir ou de s’évader, mais d’ouvrir vers l’extérieur, de créer une brèche, de faire passer la lumière. L’effraction, c’est littéralement, le fait de briser (fringere) pour aller vers l’extérieur, le dehors, l’autre ; pour permettre un élan vers l’ailleurs mais aussi laisser l’ailleurs ou l’autre entrer. Ouvrir le cercle, faire sauter les barrières. Quelle est la nécessité de l’effraction dans nos existences ? Pourquoi, pour certains, faut-il briser ce qui nous enclôt pour vraiment exister hors d’un espace où l’on se sent parqués, marginalisés, mis à l’écart ? […]
Que faut-il briser pour exister ?

Claire Marin "Être à sa place" (Éditions de l’Observatoire 2022)

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