The waves broke on the shore.
Sur le rivage brisures de vagues.
à tue-tête
tous les bruits de la brisure
les éclats de la dernière danse
celle dont on ne revient pas
le drame du dehors mêlé à celui du dedans
sous la cadence non d’un andante
mais d’un allegro furioso
de quelles brisures s’emparer sur le rivage
de quelles intenses pensées se parer
pour fomenter un flux de langue va-et-vient vague
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Virginia Woolf
Articles
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Interlude 10/ à tue-tête
24 avril, par Solange Vissac -
Journal d’un écrivain/ 31
19 avril, par Solange VissacSamedi 15 août 1931
Je me sens tout agitée. Je relis les épreuves mais n’en puis lire que quelques pages à la fois. Il en était ainsi quand je l’écrivais, et Dieu sait quelle vertu il possède, ce livre inspiré ! Dimanche 16 août
Je devrais vraiment faire mes excuses à ce journal pour l’utiliser ainsi, comme exutoire à mon désœuvrement. C’est-à-dire que j’ai corrigé mes épreuves (le dernier chapitre ce matin) et je m’aperçois que je dois m’arrêter au bout d’une demi-heure et laisser mon (…) -
Journal d’un écrivain/ 32
19 avril, par Solange VissacMardi 22 septembre 1931
Miss Holtby écrit : « C’est un poème bien plus encore qu’aucun de vos autres livres. C’est de la plus rare subtilité. Cela pénètre même peut-être plus avant encore dans le cœur humain que La Promenade au phare. » Je copie toutefois cette appréciation parce qu’elle donne ma feuille de température ; cette température qui, Dieu sait, était au plus bas à cette même heure la semaine dernière et qui, devenue forte fièvre, ne monte plus, est devenue normale. Je crois que (…) -
Journal d’un écrivain/ 25
19 avril, par Solange VissacMardi 23 juin 1931
Hier, 22 juin, alors que les jours commencent à raccourcir je crois, j’ai fini de recopier Les Vagues. Non que ce soit fini, grands dieux, non. Car il me faudra maintenant corriger cette copie. J’ai commencé ce travail le 5 mai et personne ne pourra prétendre cette fois que je me sois dépêchée ou que j’aie manqué de soin. Et cependant les erreurs et les négligences sont, je le crains, innombrables.
Mardi 7 juillet
Oh ! si je pouvais trouver quelque répit à ces (…) -
Mes divagations/ 26
8 mai, par Solange VissacRevenir à ces Divagations. L’archivage de tous mes articles autour de Virginia dans le cadre de la mise en place de ce site et l’acquisition de deux nouveaux livres m’y incitent : Baisers du Singe, une correspondance entre les deux sœurs Virginia et Vanessa, et Marginalia Woolf de Christine Jeanney qui poursuit une quête infinie autour de l’autrice qu’elle traduit depuis des années. Dans ce livre d’une trentaine de pages, elle trace un portrait de Virginia Woolf, qu’elle sait pertinemment (…)
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Interlude 7/ à cet instant
24 avril, par Solange VissacA cart, a horse, a flock of rooks — whatever moved in it was rolled round in gold.
Chariot, cheval, bande de freux – tout ce qui traversait cette couche se trouvait enroulé dans l’or.
à cet instant
frémissante dans un don de lumière dorée
une colonie de freux aux croassements rauques
traversa l’immensité céleste en ébrouant
un chapelet de plumes noires et vives
en arabesques sculptées de lettres d’or
comme si cette horde sombre et désordonnée
se mouvait dans une sorte (…) -
Les mots blancs
18 avril, par Solange VissacThose are white words, said Susan, like stones one picks up by the seashore.
( Virginia Woolf The waves)
Ces mots-là sont blancs, dit Susan, comme les galets qu’on ramasse en bord de mer.
Et cela s’écrit malgré moi, avec moi et sans moi. Il ne se passe presque rien, et ce rien devient quelque chose qui grandit, pousse les murs de toute part, élargit l’horizon, se déploie sans savoir vraiment ce qui se trame. Les mots étalent leurs troubles et se laissent se dissoudre au milieu (…) -
Journal d’un écrivain/ 4
18 avril, par Solange Vissac11 octobre 1929 :
Je saute sur l’occasion d’écrire ceci afin de ne pas me remettre aux Ephémères ou aux Vagues, ou quel que soit le titre que je lui donnerai. On s’imagine que l’on a fini par apprendre à écrire rapidement et il n’en est rien. Et le plus curieux, c’est que j’écris sans zèle et sans plaisir après avoir été tendue sur mon sujet. je ne dévide pas, je m’applique. D’autre part, je ne me suis jamais, de toute ma vie, attaquée à un sujet à la fois si vague et si complexe. Chaque (…) -
Journal d’un écrivain/ 8
18 avril, par Solange VissacDimanche 26 janvier 1930 :
Les Vagues ne se vendront pas à plus de deux mille exemplaires*. Je suis prise à ce livre. Je veux dire que j’y suis engluée comme une mouche à du papier collant. Il m’arrive de perdre le contact, mais je continue quand même, et de nouveau je sens que je suis parvenue à force de volonté et d’audace — comme lorsqu’on fonce à travers les ajoncs — à empoigner le cœur du sujet. Peut-être puis-je maintenant dire les choses directement et tout au long, sans qu’il soit (…) -
Mes Divagations/ 17
17 avril, par Solange Vissacde mon étrange relation avec Virginia...
Longtemps donc, je ne pus aller au-delà des dix premières pages, recommençant toujours, relisant indéfiniment le texte, ne comprenant pas ce qui se jouait là entre les différents personnages qui sont tous présents, à tour de rôle, et qui parlent ou pensent, sans réaliser quelle mâchoire me happait, puis me rejetait sur le bas-côté. Mais je ne rangeais pas le livre, je le gardais toujours à portée de main. Des vagues d’envie régulières s’élevaient, (…)